Interventions Phase 2: MRC de Témiscouata (Intervenor 725)

Document Name: 2015-134.227260.2536909.Interventions Phase 2(1$dhp01!).html

La MRC de Témiscouata est une région rurale du Québec avec une faible densité de population (20 277 personnes en 2015). Nous avons une industrie forestière/acéricole prospère et le tourisme est en plein développement, notamment par le biais du parc national du Lac-Témiscouata. Nous sommes le principal accès du Québec vers les Maritimes avec la route Transcanadienne et nous donnons accès au Maine et à la Nouvelle-Angleterre. Avec de tels attributs, il est étonnant de constater que nous sommes très nettement en retard sur le plan des télécommunications. Nous avons un accès marginal à la téléphonie cellulaire et la fibre optique est loin d’être disponible à domicile.La sécuritéLe Témiscouata est un immense territoire de près de 4 000 kilomètres carrés. Les distances et la faible densité de population font que l’accès à un réseau téléphonique fiable en cas d’urgence est un service essentiel. Nous l’avons vécu à Saint-Marc-du-Lac-Long où le débordement d’une rivière a arraché un pont, coupant du fait même toute communication avec l’extérieur et faisant deux victimes. Le drame a coupé les lignes téléphoniques terrestres et seulement les pompiers avaient accès à une radio pour échanger des informations. L’absence de lien cellulaire a gravement nui aux efforts de coordination des mesures d’urgence et a pris en otage la population qui ne pouvait plus donner signe de vie aux proches et amis en dehors de la zone sinistrée. Pour la sécurité de notre population, la téléphonie cellulaire est essentielle. L’accès aux marchésEn ce début de XXIe siècle, il semble évident que les économies prospères seront celles qui auront le mieux pris le virage numérique et déployé des réseaux intégrés de télécommunications. Or, nous faisons le constat que les régions rurales du pays sont loin d’être bien pourvue en matière de télécommunications numériques. Nos entreprises ont besoin d’échanger de l’information autant que celles qui sont en ville. Il ne faut pas penser aux régions rurales en termes passéistes, mais plutôt miser sur les forces de nos moteurs économiques que sont l’agriculture, l’acériculture, la foresterie et autres. Ces industries œuvrent maintenant sur un marché global qui présuppose l’échange de données en temps réel sur le réseau mondial (suivi du marché du grain, échanges internationaux d’embryons, suivi à distance des robots de traites ou des stations de pompage des érablières, etc.). Par exemple, nos producteurs laitiers ont investi pour l’implantation de processus entièrement automatisés qui nécessitent un lien numérique constant et fiable. De tels investissements – essentiels pour la viabilité de ces entreprises dans leurs marchés – ne prennent vraiment leur sens que s’ils sont appuyés par un réseau numérique bien déployé et efficace. L’éducationPour qu’une économie soit prospère, elle doit s’appuyer sur une population formée et compétente. Pour ce faire, le citoyen doit avoir accès à un enseignement de qualité et les entreprises doivent pouvoir compter sur des services de formation continue qui correspondent à leur réalité. Or, les centres d’enseignement ne sont pas uniformément répartis sur le territoire et les nouvelles technologies ont permis à la téléformation de devenir un substitut adéquat pour pallier à l’éloignement. Le seul facteur qui limite ce mode de formation est l’accès aux technologies de télécommunications numériques de qualité pour joindre les entreprises et les citoyens à leur domicile. Le défi du CanadaLe CRTC doit entreprendre un questionnement en profondeur de son approche en lien avec le déploiement des télécommunications. Il est essentiel que les Canadiens aient accès à la téléphonie cellulaire et à la fibre optique à domicile, sans quoi nous allons rater la révolution numérique. Or, les politiques appliquées au cours des dernières années n'ont pas permis d’accélérer les investissements dans les secteurs à plus faible densité. Nous sommes devant un dilemme propre à l’économie canadienne : notre prospérité dépend encore essentiellement de l’exploitation de nos ressources qui sont concentrées dans les régions rurales. Pourtant, force est de constater que les investissements pour optimiser les télécommunications se font très majoritairement dans les centres urbains. Nous sommes donc en voie de créer un clivage très important entre des villes numériques et des régions où l’accès à l’économie du savoir sera inaccessible. Nous aurons des régions où l’extraction des ressources se fera selon les standards du XXe siècle et où les produits finis seront transigés dans des villes du XXIe siècle. Dans l’optique où nous souhaitons un développement de tout le Canada et que nous désirons une richesse durable et équitable, nous ne pouvons pas désavantager les régions rurales. Il est temps que le Canada entreprenne sa propre révolution numérique et que chaque Canadien ait les moyens d’y participer.